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mercredi 3 mai 2017

A la conquête du pôle sud : la dramatique expédition Terra Nova

La mort au bout du chemin pour être les premiers à atteindre le pôle sud. Un court texte et une série de photos qui nous emmènent dans les territoires glacés de l'Antarctique.

1910-1913 : L'expédition Terra Nova


Une course désespérée pour conquérir le Pôle Sud

Par Retronaut
Traduit par Hélios
5 janvier 1911
Le géologue Thomas Griffith Taylor et le metéorologue Charles Wright regardent le Terra Nova depuis une grotte de glace.

En 1910, l'explorateur britannique Robert Falcon Scott s'embarqua dans une ambitieuse expédition vers l'Antarctique dans le but de s'aventurer dans ses territoires inconnus, mener des études scientifiques et par-dessus tout, d'être la première personne à atteindre le Pôle Sud.

Il y avait de la concurrence. Ernest Shackleton [lors de l'Expédition Nimrod] avait  atteint un point situé à 160 km du pôle l'année précédente et il était aussi dans les vues de l'explorateur norvégien Roald Amundsen d'y parvenir le premier.
Avec le soutien de financements publics et privés, l'Expédition Antarctique britannique (nommée plus populairement Expédition Terra Nova, d'après le nom du navire [un baleinier reconverti] qui assura son transport) prit la route de l'Antarctique.



En janvier 1911, le navire accosta sur la Dépendance de Ross, territoire du continent glacé au sud de la Nouvelle-Zélande, dominé par la barrière de Ross, nommée par beaucoup à l'époque la "Grande Barrière de Glace".

Au pied de la barrière, sur les rivages volcaniques de l'île de Ross, les membres de l'expédition débarquèrent les chiens de traineau, les poneys, les traineaux motorisés et les éléments d'une hutte en bois préfabriqué de 15 m sur 7,60 m qui sera isolée par un matelassage d'algues.
1910. Le Terra Nova
1910
Les hommes et les chiens de traîneau sur le Terra Nova, à destination de l'Antarctique.

1910. A gauche : Mortimer McCarthy, matelot qualifié, à la barre du Terra Nova. A droite : Le chirurgien de bord, George Murray Levick dépouille un pingouin sur le pont du Terra Nova.

28 décembre 1910. Un pingouin marche sur la banquise à la Dépendance de Ross.
23 janvier 1911
Les hommes rangent les fournitures au camp de Cape Evans, avec le volcan en activité, le Mt. Erebus en arrière-plan.
Décembre 1910
Le capitaine Lawrence Oates s'occupe des poneys dans leur écurie à bord du Terra Nova.
1911
Le scientifique en chef, le Dr. Edward Wilson, avec le poney Nobby. Les poneys devaient tracter les traîneaux, mais se révélèrent mal adaptés au climat et au terrain de l'Antarctique.
1911. Une équipe d'attelage se repose près d'un iceberg.
1911. Le Terra Nova à l'ancre dans le canal McMurdo.
1911. Un manchot Adélie tente de repousser le photographe Herbert Ponting de son nid sur l'île de Ross.
1911. Le chien de traîneau Chris écoute le gramophone.
1911. Le premier maître Edgar Evans.

Une fois le camp établi, l'équipe se lança dans diverses expériences et explorations.

7 février 1911. Les hommes réchauffent leur repas sur un réchaud.

1er avril 1911
Le cuisinier de l'expédition, Thomas Clissold, mène un manchot empereur en laisse.
A gauche : avril 1911, le Dr Edward Wilson - A droite : janvier 1912, un membre de l'équipe déguste une boîte de haricots

Le commandant en second Victor Campbell prit six hommes et mit le Terra Nova cap à l'est, dans l'espoir de mener des travaux scientifiques sur la Terre du Roi Édouard VII. Sur le chemin du retour, ils eurent la surprise de constater que l'expédition de Roald Amundsen était arrivée et campait dans la Baie des Baleines.

Les deux équipes échangèrent des plaisanteries et Campbell se hâta de rentrer au camp pour informer Scott que son rival était arrivé.

Bien que consterné par ce fait nouveau, Scott décida de poursuivre comme prévu en installant des dépôts de ravitaillement de plus en plus loin vers l'intérieur du continent pour préparer l'ouverture de la route vers le pôle.

La mission fit face presque immédiatement à des complications. Les hommes furent retardés par de violents blizzards. Les poneys, qui s'étaient beaucoup moins bien comportés qu'espéré, s'affaiblirent et moururent. Il n'y eut que deux poneys sur huit à survivre.

Avril 1911. Le capitaine Scott (au milieu) et ses hommes posent pour la photo au retour d'une expédition.
Mai 1911. Le responsable des chiens, Cecil Meares et le capitaine Lawrence Oates font cuire de la graisse de baleine pour les chiens.


Pendant ce temps, les équipes de géologues exploraient les environs à la découverte des territoires inconnus et pour collecter des échantillons et des spécimens.

En avril 1911, début de l'hiver antarctique, les 25 hommes de l'équipe du rivage se replièrent dans la hutte, passant leur temps en lectures, études scientifiques et en occasionnels matchs de football. Scott continuait de son côté ses calculs pour la planification du voyage au pôle.

Au milieu de l'hiver, le Dr Edward Wilson, scientifique en chef, emmena plusieurs hommes faire une sortie pour récupérer des œufs de manchots Empereur dans une colonie à une centaine de kilomètres de là, au cours de laquelle ils endurèrent des vents proches de ceux d'un ouragan et des températures inférieures à – 60°C. Un vrai calvaire pour seulement trois œufs.

6 juin 1911. Le capitaine Scott, qui préside à table, fête son 43ème anniversaire.

12 juillet 1911. Le géologue Frank Debenham broie des échantillons de pierre.
22 juillet 1911. Le photographe Herbert Ponting dans sa chambre noire de fortune.
1912. Une expédition en traîneau.
Octobre 1911. Apsley Cherry-Garrard observe le poney Michael qui se roule dans la neige.
7 octobre 1911
Le capitaine Scott rédige son journal dans sa chambre. Des photos de sa femme et de son fils ornent la cloison derrière lui.
8 octobre 1911
Un homme debout au somment du Matterhorn Berg, avec le volcan Mont Erebus en arrière-plan.
9 octobre 1911. Les hommes dans leur chambrée.
2 décembre 1911
Anton Omelchenko à l'extrémité du glacier Barne sur l'île de Ross.
Janvier 1912
Cecil Meares, le responsable des chiens, au piano dans la hutte.
Novembre 1911. Le capitaine Scott dans sa tenue pour aller au pôle.

Quand le printemps arriva enfin, Scott exposa son plan pour atteindre le Pôle Sud.

Une équipe initiale de 16 hommes prendrait la route à travers la Grande Barrière de Glace en emportant le ravitaillement dans les traineaux motorisés, les poneys et les chiens. Certains membres de la mission rebrousseraient chemin à des latitudes précises en laissant un groupe final de 5 personnes qui irait au pôle.

Le groupe avec les traineaux motorisés partit le 24 octobre 1911. Les véhicules tombèrent en panne au bout de 80 km. Sans eux, Scott devait revoir son plan et continuer avec les chiens.

Janvier 1912
Le capitaine Scott mène un groupe d'attelage dans sa tentative pour atteindre le pôle sud avant Amundsen.
Janvier 1912
 Charles Wright souffre d'engelures après son retour de la Grande Barrière de Glace. Il faisait partie de l'équipe principale qui assistait Scott dans son expédition vers le pôle sud.


Le 4 décembre, l'équipe atteignit les contreforts de la Grande Barrière de Glace et démarra l'escalade du glacier Beardmore. Le 20 décembre, ils abordèrent le vaste plateau désert qui s'étendait entre eux et le pôle.

Les chiens furent renvoyés à la base et le 3 janvier 1912, Scott sélectionna les quatre hommes qui se joindraient à lui  pour gagner le pôle : le scientifique en chef Edward Wilson, Lawrence Oates, Henry Bowers et Edgar Evans.
Les cinq hommes s'enfoncèrent vers le sud. Le 16 janvier, ils repérèrent quelque chose dans la blancheur glacée environnante – un drapeau noir qui flottait sur un patin de traineau.

Une note y était attachée. Amundsen les avait devancés d'un mois.
Découragés, Scott et ses compagnons atteignirent le pôle sud le jour suivant et découvrirent le lendemain le camp qu'Amundsen avait laissé derrière lui.

18 janvier  1912
Le Dr. Wilson, le capitaine Scott, le capitaine Oates, Henry Bowers et Edgar Evans posent au Pôle Sud.

Le pôle. Oui, mais dans des circonstances bien différentes de celles espérées… Grand Dieu ! Cet endroit est horrible et nous trouvons terrible d'avoir tant peiné pour l'atteindre sans avoir la récompense de la priorité. Nous l'aurions bien mérité.
Journal de Robert Falcon Scott, 17 janvier 1912

 18 janvier 1912
Le capitaine Scott et l'équipe du pôle découvrent la tente abandonnée par Amundsen, qui a atteint le Pôle sud un mois plus tôt.

Même frustrés de ce triomphe imaginé, leur mission était terminée. Ils firent demi-tour et prirent le chemin du retour.

Les cinq hommes traversèrent le plateau polaire relativement facilement mais se retrouvèrent en difficulté pendant l'ascension du glacier Beardmore. Evans, qui souffrait d'engelures et d'autres blessures, perdit connaissance et mourut le 17 février alors qu'ils approchaient le fond du glacier.

Les quatre survivants traversèrent la Grande Barrière de Glace vers un dépôt de ravitaillement où ils avaient programmé un rendez-vous avec les équipes des chiens. Mais les chiens ne se montrèrent jamais.

Les engelures et la gangrène du pied de Oates rendaient impossible de marcher plus de quelques kilomètres par jour. Le 17 mars, jour de son 32ème anniversaire, il perdit aussi l'usage de ses mains et il savait qu'il ralentissait le groupe. Alors qu'ils étaient blottis sous leur tente pour lutter contre le vent, Oates annonça aux autres qu'il sortait juste un moment et ce fut pour aller à la rencontre de sa mort.

Scott, Bowers et Wilson continuèrent, de plus en plus faibles et malades au fil des jours. Le 20 mars, à seulement 17 kilomètres du plus grand dépôt, ils furent immobilisés par un féroce blizzard.

Le 29 mars, Scott rédigea la dernière note de son journal.

Nous nous tenions prêts tous les jours à rejoindre notre dépôt à 17 kilomètres de là, mais passée la porte de la tente, ce n'était que tourbillons de neige. Je ne pense pas que nous puissions espérer une amélioration maintenant. Nous tiendrons le coup jusqu'au bout mais nous nous affaiblissons, bien sûr, et la fin n'est pas bien loin. Cela semble dommage mais je ne crois pas pouvoir écrire davantage. R. Scott. Dernière note. Que Dieu veille sur les nôtres.
Journal de Robert Falcon Scott, 29 mars 1912

Revenus au camp, les autres membres de l'expédition organisèrent plusieurs voyages pour approvisionner les dépôts, dans l'espoir de retrouver le groupe du pôle, en vain. Après un nouvel hiver passé dans la hutte, une équipe de recherche partit le 29 octobre.

Moins de deux semaines plus tard, ils découvrirent les corps de Scott, Wilson et Bowers. Ils érigèrent au-dessus d'eux un tumulus comme dernière demeure.

Janvier 1913
Les membres de l'expédition rentrent en Nouvelle-Zélande sur le Terra Nova après la découverte des corps de Scott et des autres victimes.

11 commentaires:

  1. Il est intéressant de noter le nom d'une des expéditions : "Nimrod".
    Nimrod est celui qui se rebella contre Dieu. Nimrod qui est adulé par la secte Franc-maçonne.
    L’antarctique, de par sa rudesse, ne serait-il pas un lieu interdit aux Hommes.
    Et y accéder ne serait-il pas vouloir défier le Créateur.

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  2. Je voudrais bien savoir ... comment les 5 hommes qui sont arrivés au Pôle ont réussi à se photographier eux mêmes tous les 5 avec un cadrage parfait (le retardateur de déclenchement photo n'est apparu que dans les années 60).
    Je voudrais bien savoir ... comment on a retrouvé la pellicule de ladite photo ...

    Je voudrais bien savoir ... sur la photo de la tente d'Amundsen pourquoi les ombres n'ont pas la même direction selon les personnages, pourquoi les noirs sont si différents, pourquoi le bas de la tente est si mal photoshopée, et comment Amundsen et ses 4 hommes se sont abrités quand ils sont repartis sans leur tente.

    Je voudrais bien savoir ... pourquoi le Terra Nova est équipé d'une cheminée dont le diamètre paraît environ 5 fois plus gros que celui des mâts quand il est photographié de près et pourquoi cette même cheminée a un diamètre identique aux mâts quand elle est prise de loin. Pourquoi le Terra Nova présente t il une échancrure dans sa coque quand il est pris de loin et un bord uniforme de près ?

    Je voudrais bien savoir ... pourquoi l'ombre du poney n'est pas orientée dans le même sens que celle du scientifique à côté ? Parlant des scientifiques pourquoi n'a t-on aucune trace des expériences et des relevés géologiques ?

    Je voudrais bien savoir ... pourquoi sur les 65 hommes de cette expédition strictement privée, 50 sont des militaires en âge de servir ? y compris le lieutenant Scott lui même ?

    je voudrais bien savoir ... si on se fout pas un peu de nous encore une fois ?

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  3. Et le TERRA pris dans la glace à mis des voiles (pour faire joli ?) mais qui ne vont pas toutes dans le même sens ! Donc photo montage ...

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    1. Le plus curieux, ce sont les ombres portées sur les voiles du troisième mât. Comme le soleil vient de l'arrière gauche de la photo elles ne devraient pas exister. Si vous regardez le bas de la photo, la coque du bateau n'a pas d'ombre du tout. Cette coque est littéralement fichée dans la glace par l'arrière alors que l'avant est libre et paraît ne reposer sur rien. Quant aux ombres sur les blocs de glace au niveau de la coque, elles sont en sens opposé selon la gauche ou la droite du bateau.

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  4. @ value break
    en effet ca fait bcp d'incohérences.....des réponses helios?

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    1. J'aurais dû intituler cet article "le jeu des 7 (ou plus) erreurs", ha ha.

      Merci à Valuebreak d'avoir été si bon observateur. J'avoue que je n'ai pas le regard aussi aiguisé.
      Il court bien des rumeurs sur l'Antarctique.

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  5. pour l'ombre du pney,je la vois dans le meme sens....suis je le seul?

    Cdlt

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    1. Regardez mieux. Le poney est éclairé pleine face alors que l'homme l'est par le côté droit, donc l'ombre du poney se trouve dans l'axe de la photo alors que l'ombre de l'homme est déviée vers la gauche. Regardez aussi la taille de l'ombre du poney par rapport à la taille de l'ombre de l'homme, voyez qu'elle est bien trop étroite. Et pour finir, la zone d'ombre sous les pattes arrières est inexplicable ... sauf Photoshop, bien sûr ...

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  6. Valuebreak a eu encore le coup d'oeil. Perso avant même de lire les commentaires, en voyant certaines protographies j'avais l'impression d'une mise en scène hollywoodienne mais il se peut que le photographe de l'équipe soit de grande qualité.

    J'ai pas fait attention aux ombres dans un premier temps sauf sur la dernière photo, ça m'a direct sauté aux yeux les différences d'ombres sur la dizaine d'hommes tous de type européen.

    Celui-ci par exemple :

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/18/1493994528-0541-noelpush.jpeg

    L'homme au dessus des autres et même celui de gauche semblent avoir la tête incrustée post montage. L'homme à droite ne semble pas retouchée. La différence de lumière entre le col blanc des deux hommes cités plus haut et leur visage semble anormale.

    Bon je me trompe peut-être là dessus, je vous invite à me rectifier si c'est le cas.

    Pour conclure avec l'antarctique, j'ai l'impression qu'on a très peu d'images d'expéditions mordernes (après 2000) en "profondeur" dans le continent. Il y'a eu récemment cette histoire de base secrète "nazie" (station météo selon le même article) découverte en arctique.

    Et au final, on n'a le droit à aucunes images... Bien qu'on nous dit que certains éléments auraient été parfaitement conservés grâce au climat.

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  7. Parce qu'il n'y a pas de pôle sud, donc tout est bidon

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  8. Vous saviez que la base US Scott-Amundsen n'est pas érigée sur le pôle Sud même, mais à 300 m de là ?
    Why ?

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